Affiner le regard que nous portons sur nous-même et le rôle qu’il nous incombe de jouer
- Indications
Parmi les difficultés les plus susceptibles d’être efficacement adressés par l’une ou l’autres des deux approches existentielles auxquelles je me réfère l’on trouve :
- Les pertes de confiance en soi
- Les stress post traumatiques
- Les procrastinations
- L’anxiété, l’angoisse
- Les évitements
- Cadre Théorique
La théorie du Self conçue par Carl Rogers
L’une des notions les plus centrales dans la théorie de Rogers (1959) est la notion du « Self » ou de l’image de soi. Ce Self est constitué par « l’ensemble organisé et cohérent des perceptions et des croyances que l’on porte sur soi-même ». Il comprend toutes les idées et les valeurs qui caractérisent le « Je » et le « moi », ainsi que la perception et la valorisation de « qui je suis » et de « ce que je suis capable de faire ». Ainsi, selon Rogers, l’image que nous avons de nous même est une composante centrale de notre expérience globale ; elle influence à la fois la perception que nous avons de nous-même, notre perception du monde et le rôle que nous estimons pouvoir jouer dans celui-ci.
En accord avec ce point de vue, je considère que le regard qu’ils portent sur leur propre personne et tout ce qui en découle fait partie des préoccupations majeures que mes clients ne manquerons pas d’aborder tôt où tard. Je considère de sûrcroit qu’il existent des voix qui expriment des choses particulièrement intéressantes sur ce terrain, dont : ce qu’expriment les grands philosophes se situant au sein d’une mouvance existentielle occidentale d’une part, et ce qu’expriment les grands sages de la tradition de connaissance védique d’autre part. En ce qui me concerne, ce que disent ces voix est d’une telle importance, que l’on ne peut tout simplement pas les ignorer.
La Mouvance Existentielle Occidentale
Vers la fin du siécle dernier, le psychothérapeute américain Irving D. Yalom publia un livre (1980, Existential Psychotherapy, Basic books, U.S.A) dans lequel il nous faisait part du fait qu’au fil des ans la psychothérapie humaniste qui était sienne en était arrivée à s’articuler de plus en plus autour de ce qu’il nomma les Contraintes Existentielles.
La dynamique existentielle, contrairement à la freudienne, n’est pas fondée sur un modèle de développement par étapes. Elle ne retient pas forcément la notion selon laquelle ce qui est le plus précoce (chronologiquement premier) est plus fondamental (c’est-à-dire important, fondateur). Elle pense plutôt que ce qui est le plus fondamental est quelque chose qui transcende l’histoire personnelle de la personne. Ceci a de profondes répercussions sur la méthodologie qu’emploiera le thérapeute. La plupart du temps, le « futur devenant présent » est le temps dans lequel se déploie la psychothérapie existentielle.
Pour les psychothérapeutes existentiels, les difficultés de vivre que peut éprouver une personne tiennent davantage à sa façon d’appréhender les contraintes existentielles auxquelles elle se trouve confrontée, qu’aux événements traumatiques auxquels elle aurait pu être sujette durant son histoire personnelle précoce.
En insistant sur ce point, ces derniers ne cherchent nullement à minimiser l’impact dévastateur que peuvent avoir les événements traumatiques précoces sur le développement psychique de la personne. Ils chercheraient plutôt à démontrer que cet impact dévastateur se cristallise autour de la façon dont une personne appréhende ses contraintes existentielles. De leur point de vue, une thérapie axée davantage sur la prise de conscience des mécanismes de défense par lesquels la personne se protège de ses angoisses existentielles, s’avérerait plus efficace qu’une thérapie axée trop exclusivement sur la prise de conscience des mécanismes par lesquels la personne refoule son passé traumatique précoce. Autrement dit, on pourrait dire que les psychothérapeutes existentiels considèrent qu’au centre de toute structure pathologique (névrose obsessionnelle, hystérie, etc. ...), il existe un noyau d’angoisse existentielle.
La Tradition de Connaissance Védique
Selon les quelques écrits qui ont survécus les invasions répétées du territoire indien, plusieurs millénaires avant l’avénement de notre ére moderne il existait une civilisation « dorée » au sein de laquelle il régnait paix, harmonie et félicité. Ce qui est de particulier dans ce que ces textes évoquent, c’est le fait que la vie humaine était censée s’articuler idéalement autour de deux dimensions : l’une dite « Absolue » se référant davantage à une dimension intérieure, et une autre dite « Relative » se référant davantage à une dimension extérieure.
Ces textes élaborent une vision de la personne et du monde dans laquelle elle vit assez radicalement différente de ce que nous avons l’habitude d’entendre dans notre ére moderne. Le but du présent texte n’étant pas de faire une présentation exhaustive du point de vue exprimé par les sages de cette tradition de connaissance antique, je me contenterais de signaler que ces sages arrivent à une conclusion assez similaire à celle exprimée par les psychothérapeutes existentiels (occidentaux), soit que l’être humain, dans la mesure ou il perd la capacité d’être relié à sa dimension Absolue, s’expose à vivre des difficultés qui s’articulent autour d’un noyau d’angoisse existentielle. A contrario, le fait d’être bien relié à sa dimension Absolue facilite grandement le développement des Potentialités Existentielles qui sont les nôtres.
- Visées
Le mouvance existentielle occidentale et les contraintes existentielles
Selon les psychothérapeutes existentiels, ce serait l’angoisse qui s’articule autour d’une série de contraintes existentielles auxquelles nous sommes inéluctablement amenés à nous confronter, ainsi que les conflits/incertitudes que cette confrontation génère, qu’il incomberait aux thérapeutes d’entendre et de travailler en premier lieu. Salathé (1995, Psychothérapie Existentielle, pages 54-55, Institut de Psychothérapie, Suisse), pour sa part, identifie cinq contraintes existentielles majeures, à savoir :
- La liberté
- La quête de sens face à l’absurde
- La mort
- L’isolement existentiel
- L’imperfection
La Tradition de Connaissance Védique et les potentialités existentielles
Les textes védantiques que j’ai pu étudier au fil des ans, dont notamment celui de la Bhagavad Gita (Maharishi Mahesh Yogi, 1967, On the Bhagavad-Gita: A translation and commentary, Chapters 1-6, Penguin/Arkana, U.S.A.), m’amènent à considérer que les psychothérapeutes existentiels (occidentaux), aussi intéressants qu’ai pu être leur propos, ont surtout porté leur attention sur les limitations auxquelles nous nous trouvons confrontés du fait de la condition humaine qui est nôtre. Les textes védantiques quant à eux, tout en examinant eux aussi la même dynamique existentielle, ont porté leur attention bien davantage sur les potentialités qui nous sont accessibles du fait de la condition humaine qui est nôtre.
Pour n’en nommer que quelques uns, les textes védantiques évoquent les thèmes suivants :
- Le rôle de chaque être humain dans ce monde
- Le dharma (devoir et/ou éthique auquel il incombe à chaque être humain d’adhérer)
- La nature essentielle de l’être humain (sa véritable identité)
- L’action juste et ses conséquences
- Le cheminement que l’être humain peut emprunter pour accéder chaque jour davantage à sa véritable identité, et par voie de conséquence, à ses potentialités existentielles.
Je trouve pour ma part qu’il serait à n’en point douter extrêmement « énergisant » que de pouvoir rajouter des thèmes comme ceux cités immédiatement ci-dessus à ceux plus habituellement abordés dans le cadre d’un travail psychothérapeutique de type existentiel plus classique. Ainsi, entreprendre un Counseling de type existentiel en y incorporant tant les potentialités que les contraintes existentielles constitue précisément ce que je me propose de faire au travers du Counseling à « agréments existentiels » que j’entends mettre à disposition.
- Méthodologies
Un Counseling ACP agrémenté d’un dialogue collaboratif
Comme je l’ai déjà indiqué sous section « Counseling », je pratique un Counseling ACP en toutes circonstances (voir section « Fondements ACP). Ceci dit, il peut m’arriver parfois, lorsque mon client en arrive à s’aventurer sur des terrains que je considère comme étant particulièrement cruxiaux, de choisir d’agrémenter quelque peu mon écoute 1ère. Ce qui peut changer dans ces cas là, c’est le fait que j’invite d’autres voix à venir se méler au dialogue qui prend place entre mon client et moi-même. Celà étant, l’on est en droit de se demander ce que peut bien signifier le fait d’« inviter d’autres voix » ?
Lorsque j’invite un Regard Existentiel Occidental à venir se méler au dialogue, les voix « accueillies » sont celles qui évoquent les enseignements, hypothéses ou autres débats philosophiques contenus dans les œuvres des philosophes (ou psychothérapeutes) existentiels. Lorsque j’invite une Sagesse Védique à venir se méler au dialogue, les voix « accueillies » sont celles qui évoquent les enseignements, hypothéses ou autres débats philosophiques contenus dans les textes védantiques. Comme toujours, mon soucis premier en tant que Counselor est de premouvoir le dialogue et l’échange. Dans cette optique, le client doit toujours rester libre de n’adhérer qu’à sa propre expérience. A partir du moment ou « un apport existentiel » viendrait participer au dialogue qui se noue entre client et Counselor, celui-ci ne dévrait être pris en considération que comme « nourriture potentielle de réflexion et de ressenti ».
C’est l’expérience authentique du client qui prime avant toute chose, les hypothéses venant d’une contexte extérieure à la personne n’étant là que pour servir de sentiers d’explorations possibles. Autrement dit, les hypothéses sous considération peuvent soit devenir partie prenante d’un dialogue authentique, soit mis à l’écart parce qu’elles ne viennent pas percuter l’expérience spécifique de la personne accompagnée.
Cependant, s’il est vrai que ce sont bel et bien nos angoisses existentielles qui se situent au coeur des difficultés les plus tenaces qui nous affligent, j’estime qu’il est de ma responsabilité envers mes clients que de mettre à disposition tout élément qui pourrait contribuer à ce que ces angoisses puissent se dissiper.
Cette « dissipation d’angoisse » étant la raison d’être par excellence de l’agrément Existentiel, et ayant moi-même pu bénéficier de tels agréments de façons des plus probantes, je peux dire me sentir fortement motivé à les inclure parmi les « voix autres » que j’entends prendre en considération dans l’écoute je mets à disposition de ma clientèle.
Entendons nous bien cependant : la chose la plus importante que je m’emploie à rendre accessible par l’écoute que je mets à disposition c’est la possibilité pour la personne de « transcender » d’un état donné à un autre émotionnellement plus subtil et incarné (que se soit par le biais d’un Counseling ACP « classique », ou pas le biai d’un counseling ACP « agrémenté »).
Je tiens à souligner avec insistence que c’est la qualité du processus de Counseling engagé qui procure ce qui est essentiel à un mouvement thérapeutique. L’apport d’un regard existentiel ou d’une sagesse védique (ou tout autre apport) ne peut être d’une véritable utilité supplémentaire qu’à partir du moment ou le processus d’écoute engagé est à même d’offrir au client l’espace de sécurité nécessaire sur la base duquel il va pouvoir s’appuyer pour retrouver les parties égarées de lui-même. Le regard existentiel occidental et/ou la sagesse védique peuvent nous donner des indices sur les parties de soi que l’on a égarées, mais pour les récupérer c’est sur un espace de sécurité intérieur qu’il va nous falloir nous appuyer.
N’oublions pas donc que même dans le cas d’écoutes agrémentées par des « Voix autres », le fait demeure que c’est ma qualité d’écoute « Centrée-sur-la-Personne » la chose la plus importante que j’ai à offrir. En comparaison, les agréments que je pourrais selon les circonstances « importer » dans l’écoute ACP que je mets à disposition ne représentent en réalité que des assaisonements intéressants. La vraie qualité de la « cuisine » qui est mienne dépend par dessus tout du degré auquel je reste capable, au cours de l’entretien thérapeutique, de faire preuve des 3 attitudes « nécessaires et suffisantes » qu’évoque Carl Rogers (voir section « Fondements ACP »).
- Affiliations professionnelles
Les liens que j’ai établis avec la philosophie existentielle occidentale n’ont jamais été très formels. Je me suis intéressé à cette philosophie en école secondaire et je l’ai étudiée en 1ère année universitaire. Plus tard, lors de ma formation C.I.F.P., j’ai étudié la Psychothérapie Existentielle telle que formulée par le célèbre psychothérapeute américain, Irving D. Yalom.
Durant une décennie (entre 2004 et 2014), j’ai fréquenté le séminaire du Cercle Freudien à Genève au sein duquel les considérations existentielles étaient souvent évoqués. Aujourd’hui, c’est essentiellement au travers de mes lectures que je reste connecté à cette mouvance.
Les liens que j’ai établis avec la sagesse védique ont eux par contre été nettement plus rigoureux. Ils ont d’abord été établis durant les six années durant lesquelles j’ai suivi mes études à la Maharishi International University aux Etats-Unis. C’est de surcroit durant ces années que j’ai pu suivre un cours international qui m’a permis de devenir Professeur de Méditation Transcendantale.
Depuis cette époque, j’entretien des liens constants avec l’Organisation Internationale qui encadre les enseignements védiques tels que promulgués par le sage Maharishi Mahesh Yogi. De surcroit, il convient de signaler que le lien le plus profond que j’entretiens avec cette mouvance est celui que je cultive au quotidien de par ma pratique quotidienne (matin et soir) du Programme de Méditation Transcendantale.
En dernier lieu, il convient de souligner en sus que le centre de connaissance védique que je fréquente le plus souvent pour approfondir mes connaissances védiques est le Centre de Retraite Védique ANAMAY se situant dans les contreforts de l’Inde Himalayenne, soit à Kausani dans l’état de l’Uttarakhand, district d’Almora (région du Kumâon).


